Mais qu'est ce qui nous retient, qu'est ce qui fait que l'on se courbe? Et l'on se consume, sans feu ni flamme, éteint. On s'était promis la Chine, la Chine et puis rien. On a connu la muraille, on n'en voit toujours pas la fin. Mais pourquoi l'on s'agite, pour de tout petits riens. On ne supporte plus la griffe du quotidien. Mais qu'est ce qui nous retient, qu'est ce qui nous retient encore de prendre la fuite, seul ou à quatre mains; de marcher un peu, d'aller voir un peu plus loin.
Est-ce toi ou moi qui déconne? On sait plus très bien. Je ne te réponds pas, tu ne me demandes rien. C'est le silence qui sonne comme un vieux coup de poing. C'est fou ce que ça résonne, quand il ne reste plus rien. Mais qu'est ce qui fait que l'on décline, que plus rien ne tient, que la pente s'incline un peu plus chaque matin?
La muraille - Da Silva